Ce texte est un long poème, il pulse, il balance, il danse, il chante, enchante. Il bouscule, il invite à mieux entendre plus loin, plus haut, festivement, chaleureusement. Il entraîne à poser les pieds sur terre, en Guyane, de Sinnamary à Cayenne.
L'autrice, Saina Manotte est chanteuse, danseuse, et chanceuse. Elle a l'élégance du style qui sait dans son écriture inviter un rythme poétique, amical, familial, romanesque, affectif, essentiel. Les personnages de ce roman son humains, mortels, fragiles, tendres autant qu'intensément sublimes d'être devenus héros, des héros comme dans la vie beaux et poétiques tout simplement...
Seule Saina Manotte pouvait les faire vivre ainsi, car ses personnages, elles les a rencontrés, écoutés, reçus, réinventés : « Grand-père est très vieux, mais il est encore très fort. Il tient debout comme un roseau. Lorsqu'il y a du vent, on dirait qu'il danse lui aussi. Son corps est léger et mince... » Ouvrir ce livre c'est se sentir soi-même léger et mince emporté comme une plume au gré d'un souffle. Nous suivons la vie de Nini (surnom d'Edmonise) du manguier An ma bang (au bord du fleuve Sinnamary) jusqu'à Cayenne chez sa tante Idorine, puis chez Albert...
C'est une vie de rencontres et d'amour, d'enthousiasmes et d'adversité, d'appétit de vivre et de danser, de cœurs qui battent, de vies qui partent.
Si vous entrez dans ce livre sans rien connaître de la Guyane, vous en ressortirez irrémédiablement changés, car entre temps vous aurez été accueilli dans une famille Guyanaise à partager repas et saveurs, passions et inquiétudes, joies et tristesses. La terre est rude autant que douce au pied qui danse. Ce livre est dense à l'oeil qui pense, il est riche comme un voyage, et vous ne pouvez pas le lire sans sentir sous votre langue, le souvenir d'un goût de zakari...
C'est un roman beau et poétique tout simplement...